– Elysa Keddari –

Selon Libération, on constate une recrudescence de la séropositivité chez les moins de 25 ans, notamment en France. Après les évolutions au sein du gouvernement des États-Unis, le sujet est revenu en force car l’arrêt du financement à travers l’USAID entraîne des catastrophes pour les différents projets humanitaires, dont ceux en lien avec la lutte mondiale contre le SIDA.

Le 20 janvier 2025, Trump démantelait brutalement l’USAID entraînant de multiples conséquences sur des milliers de programmes humanitaires dans le monde.

La plus grande épidémie de VIH dans le monde se trouve en Afrique du Sud. En effet, 17% des personnes de 15 à 49 ans vivent avec le VIH. Selon l’ONUSIDA, après la coupe budgétaire de l’USAID, des cliniques destinées à ces personnes ont fermé et l’accès à des médicaments importants comme les “prophylaxie pré-exposition” (qui permettent la prévention chez des personnes à risque) est devenu très limité. De plus, cela a aussi entraîné l’arrêt du financement des recherches sur le VIH et la tuberculose dans les universités sud-africaines. Un projet de développement pour un vaccin contre le VIH est en cours mais Amnesty France explique qu’étant donné que le financement de l’USAID représentait un tiers de leur soutien, la possibilité de mettre en action le projet est remise en cause.

La coupe budgétaire de l’USAID a également des impacts sur les soins et le traitement du VIH. En effet, des centres de dépistage et de soins ferment leurs portes car ils ne possèdent plus les fonds nécessaires. Comme l’indique Futura, les ONG ont un rôle majeur dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, mais compte tenu de la provenance de leur financement, venant principalement de l’USAID, cela complique et met en danger leur aptitude à aider la population.

Cet arrêt du financement a entraîné des répercussions sur de nombreux pays, dont Haïti, par exemple. Selon l’association Sidaction, Les services d’accompagnement des enfants ayant subi des viols ont fermé, et des jeunes filles sont laissées sans les soins urgents dont elles ont besoin pour traiter et prévenir les différentes maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH.

L’USAID
L’USAID est une agence de développement du gouvernement des États-Unis qui apporte une aide économique et humanitaire internationale. C’est à travers cette institution que les États-Unis ont contribué à l’ONUSIDA. Elle a été brutalement démantelée le 20 janvier 2025 sous l’ordre de Trump qui a gelé les financements de cette agence entraînant de multiples conséquences sur des milliers de programmes humanitaires dans le monde. Cette agence représentait à elle seule 42% des financements de l’aide humanitaire mondiale. Selon l’ONUSIDA, si l’aide n’est pas rétablie, 6,3 millions de personnes risqueraient de mourir dans les quatre années à venir. Le brutal démantèlement de l’agence a provoqué un choc mondial qui a mis des millions de vies en danger et réduit à néant de nombreux projets humanitaires. Selon Amnesty France, en 2024, le financement pour l’aide humanitaire fourni par les États-Unis représentait 63 milliards d’euros ; en comparaison, le Royaume-Uni a fourni 18 milliards d’euros, l’Allemagne 32 milliards d’euros et le Japon 17 milliards d’euros cette même année. Ces chiffres nous montrent clairement que les États-Unis assurent une part majeure du financement de l’aide humanitaire.

L’ONUSIDA ?
L’ONUSIDA est un programme des Nations Unies à la tête de l’effort mondial pour mettre un terme à l’épidémie de SIDA comme menace de santé publique d’ici à 2030, en lien avec les objectifs de développement durable. Celui-ci, en vigueur depuis 1996, est crucial pour la coordination et la mise en œuvre de l’action mondiale. L’ONUSIDA apporte des solutions et inspire les autorités locales, nationales et internationales à se concentrer sur cette lutte. C’est également le seul programme des Nations Unies qui s’appuie sur l’expérience de 11 organismes co-parrains du système des Nations Unies ainsi que le seul programme comprenant des représentants de la société civile dans l’organe de direction. L’ONUSIDA est entièrement financé par la contribution volontaire des États membres, ce qui signifie qu’il dépend principalement de la politique intérieure des États et des décisions de leurs dirigeants. Les États-Unis contribuaient, avant la nouvelle politique mise en place, à la plus grande partie du financement de l’aide.

L’ONUSIDA agit comme un chef d’orchestre; il dirige les opérations mondiales et les rend possibles sous 3 aspects majeurs: l’information, l’aide technique et la mobilisation de ressources. Ainsi le programme participe à la sensibilisation, à la publication de rapports, à la formation de personnel, à la recherche sur le SIDA ou encore à l’encadrement des collectes de fonds. Plusieurs organisations sont coordonnées par celui-ci comme l’OMS, l’UNESCO et l’UNICEF.

Stratégie mondiale de lutte contre le SIDA 2026-2031
Malgré les importants progrès de la lutte contre le SIDA des deux dernières décennies (les décès liés au VIH ont réduit de moitié), un long chemin reste à parcourir pour éradiquer cette épidémie. Avec les inégalités qui persistent, les contraintes financières et les menaces sanitaires, les progrès déjà faits doivent être préservés et les gains doivent être accélérés. Cette nouvelle stratégie, récemment mise au point, s’attaque plus particulièrement aux inégalités afin de protéger toutes les communautés et de leur garantir un accès égal aux innovations et aux ressources pour aider à combattre le SIDA. L’ONUSIDA estime qu’en 2050, entre 29 et 46 millions de personnes vivront encore avec le VIH et qu’elles ont donc besoin d’accès aux traitements de manière ininterrompue et d’un soutien pour vivre en bonne santé et prévenir la transmission. Cette nouvelle stratégie a été élaborée de manière collaborative entre les gouvernements, la société civile, les donateurs, les co-parrains de l’ONUSIDA, les personnes atteintes du VIH et le secteur privé. D’après AIDES, une organisation française qui vise à prévenir et à dépister le SIDA, la stratégie se concentre également sur une approche plus globale et multisectorielle, notamment en combinant les secteurs de la santé, des finances, de l’éducation, de la justice et de la protection globale.